BIOBIBLIOGRAPHIE
La poésie est une joie du souffle, l’évident bonheur de respirer
Gaston Bachelard
Poète. Comédien/metteur en scène. Organisateur du festival littéraire temps de paroles de 2002 à 2011 et créateur des rencontres poétiques à Dijon, TèmPoésie. Créateur en 2014 des rencontres poétiques « A deux c’est mieux » à l’Institut Culturel Roumain de Paris. Chargé de cours à l’Université de Bourgogne pour les étudiants (section SLIC). Formateur pour les bibliothécaires, au CNFPT (la Poésie contemporaine en France, atelier de lecture à voix haute). Lectures et tenues d’ateliers d’expression orale et ateliers d’écriture, en Universités, lycées, lycées professionnels, collèges, écoles primaires, bibliothèques, BDP, CNFPT, IRFASE (Institut de Recherche et de Formation à l’Action Sociale dans l’Essonne), associations, milieu carcéral, hôpitaux etc. Dans la revue de poésie Décharge, publie régulièrement des dossiers consacrés à un poète étranger : Des voix venues d’ailleurs.
Fait entendre les grandes voix de la poésie contemporaine en créant des lectures-spectacles : Michaux, Reverdy, Aragon, Desnos, Eluard, Hardellet, Cendrars, Attila Jozsef, Janvier, Goffette, Venaille… mais également Dagerman, Desproges, Calvino, Buzatti, Bartelt… (Dernières créations : « La promenade » de R. Walser festival temps de paroles 2014, « En corps ! En corps ! Lecture érotique », lecture personnelle « Un Bouin, c’est tout » Maison de la poésie de St Quentin-en-Yvelines 2013, « A bouche que veux-tu ?! lecture gourmande », à la Médiathèque de Fontaine-les-Dijon, et à la BDY de l’Yonne en 2016/2017…). Balades/lectures « Passion de la poésie » en Franche-Comté en juillet 2021.
Chroniqueur de poètes étrangers, pour la revue de poésie Décharge : Des voix venues d’ailleurs.
Enregistrements : De poètes contemporains - radio Web à Dijon : Station Simone.
Invitations lectures : Festival mondial de Poésie à Caracas, au Venezuela. Association Ouï-Lire à Strasbourg. Institut Culturel Français de Budapest en Hongrie. Centre de Littérature Appliquée (C.L.A.) de Besançon. 12e festival littéraire de Novi Sad en Serbie. Galerie Davelia de Toulon, par l’association La Roue Traversière. Maison Jules Roy de Vezelay.
Résidence d’écriture : Nièvre, Rhénanie-Palatinat Saint Quentin en Yvelines
A obtenu une bourse d’écriture 2021/2023 de la Région Bourgogne Franche-Comté pour l’écriture de son recueil, intitulé « Eloges... »
Publications : Aux éditions : le Pré de l’Âge : la parole en appel dans le silence des mots / l’épi de seigle : Une passée de paroles / Fer de Chances : Le soleil insiste/ Editions Nikta : Quatre à Quatre les temps de l’escalier / la Renarde Rouge : le poème qui n’en finit pas de commencer toujours et De mots et d’amour/ Mazette : Elle ne passe jamais bien loin/ Ficelle : D’un côté l’autre / Clarisse : Par celle/ l’Improviste : Un Bouin, c’est tout/ Rhubarbe : Je crois que tout n’est pas fini, je vole. Mazette, réédition du recueil : Une passée de paroles en mars 2016. Encres Vives-Michel Cosem : Ce que je serre dans mes paumes 2020. L’Atelier des Noyers : Petites douceurs 2022. Les Lieux Dits : Pour disparaître à la surface de mon corps 2023.
2018-2019 : Production en tirage limité de 5 livres d’artiste : avec Roland Chopard – les éditions AEncrages /Maria Desmée (2 livres) / Germain Roesz « Bandes d’artistes » – les lieux dits éditions –/ « le Livre Pauvre » (2 livres).
Publications dans de nombreuses revues papier et en ligne.
Et Rencontres TèmPoésie avec Fadwa Souleimane, Mérédith Le Dez, Jean Portante, Yves-Jacques Bouin. MEL - page auteur :
Gaston Bachelard
Poète. Comédien/metteur en scène. Organisateur du festival littéraire temps de paroles de 2002 à 2011 et créateur des rencontres poétiques à Dijon, TèmPoésie. Créateur en 2014 des rencontres poétiques « A deux c’est mieux » à l’Institut Culturel Roumain de Paris. Chargé de cours à l’Université de Bourgogne pour les étudiants (section SLIC). Formateur pour les bibliothécaires, au CNFPT (la Poésie contemporaine en France, atelier de lecture à voix haute). Lectures et tenues d’ateliers d’expression orale et ateliers d’écriture, en Universités, lycées, lycées professionnels, collèges, écoles primaires, bibliothèques, BDP, CNFPT, IRFASE (Institut de Recherche et de Formation à l’Action Sociale dans l’Essonne), associations, milieu carcéral, hôpitaux etc. Dans la revue de poésie Décharge, publie régulièrement des dossiers consacrés à un poète étranger : Des voix venues d’ailleurs.
Fait entendre les grandes voix de la poésie contemporaine en créant des lectures-spectacles : Michaux, Reverdy, Aragon, Desnos, Eluard, Hardellet, Cendrars, Attila Jozsef, Janvier, Goffette, Venaille… mais également Dagerman, Desproges, Calvino, Buzatti, Bartelt… (Dernières créations : « La promenade » de R. Walser festival temps de paroles 2014, « En corps ! En corps ! Lecture érotique », lecture personnelle « Un Bouin, c’est tout » Maison de la poésie de St Quentin-en-Yvelines 2013, « A bouche que veux-tu ?! lecture gourmande », à la Médiathèque de Fontaine-les-Dijon, et à la BDY de l’Yonne en 2016/2017…). Balades/lectures « Passion de la poésie » en Franche-Comté en juillet 2021.
Chroniqueur de poètes étrangers, pour la revue de poésie Décharge : Des voix venues d’ailleurs.
Enregistrements : De poètes contemporains - radio Web à Dijon : Station Simone.
Invitations lectures : Festival mondial de Poésie à Caracas, au Venezuela. Association Ouï-Lire à Strasbourg. Institut Culturel Français de Budapest en Hongrie. Centre de Littérature Appliquée (C.L.A.) de Besançon. 12e festival littéraire de Novi Sad en Serbie. Galerie Davelia de Toulon, par l’association La Roue Traversière. Maison Jules Roy de Vezelay.
Résidence d’écriture : Nièvre, Rhénanie-Palatinat Saint Quentin en Yvelines
A obtenu une bourse d’écriture 2021/2023 de la Région Bourgogne Franche-Comté pour l’écriture de son recueil, intitulé « Eloges... »
Publications : Aux éditions : le Pré de l’Âge : la parole en appel dans le silence des mots / l’épi de seigle : Une passée de paroles / Fer de Chances : Le soleil insiste/ Editions Nikta : Quatre à Quatre les temps de l’escalier / la Renarde Rouge : le poème qui n’en finit pas de commencer toujours et De mots et d’amour/ Mazette : Elle ne passe jamais bien loin/ Ficelle : D’un côté l’autre / Clarisse : Par celle/ l’Improviste : Un Bouin, c’est tout/ Rhubarbe : Je crois que tout n’est pas fini, je vole. Mazette, réédition du recueil : Une passée de paroles en mars 2016. Encres Vives-Michel Cosem : Ce que je serre dans mes paumes 2020. L’Atelier des Noyers : Petites douceurs 2022. Les Lieux Dits : Pour disparaître à la surface de mon corps 2023.
2018-2019 : Production en tirage limité de 5 livres d’artiste : avec Roland Chopard – les éditions AEncrages /Maria Desmée (2 livres) / Germain Roesz « Bandes d’artistes » – les lieux dits éditions –/ « le Livre Pauvre » (2 livres).
Publications dans de nombreuses revues papier et en ligne.
Et Rencontres TèmPoésie avec Fadwa Souleimane, Mérédith Le Dez, Jean Portante, Yves-Jacques Bouin. MEL - page auteur :
TEXTES
Eloge du bâillement
La bouche s’ouvre sur une grimace qui mange tout le visage, non pour le rire mais pour la détente. Réseau de muscles, hôtes de l’air qui pénètre la gorge, s’étend aux bras qui déploient leur croix. Le bonheur s’étire de jouir du bâillement de l’autre, soumis à toute moquerie et tout reproche. « Tu pourrais mettre ta main devant ta bouche ! ». Quel bonheur de se l’offrir à soi-même, en pâture à la désinvolture. Par chance, comme le rire, le bâillement pur ne connaît pas la pudeur, mais seulement ce désir avide de combler les poumons, au milieu du monde, quand les étoiles tombent dans les yeux de la faim, de la fatigue ou de l’ennui. Oh, ce cadeau d’oxygène qui nourrit l’abandon !
**
Eloge de la peau
Ce n’est qu’au toucher d’une autre qu’elle peut être nommée et reconnue. Ce n’est qu’en présence de la main qu’elle obtient sa fonction sublime, vivante et éternelle, sa belle transparence, aussi sombre soit-elle, sa profondeur certaine, sa richesse éphémère. Si elle enveloppe le corps alors le corps la développe ? La caresse est sa fête, la main son fou. Elle rit de tous ses pores lorsqu’un frôlement la soulève. La peau donne aux mains leur plus belle raison d’être à laquelle ajouter les gestes émouvants des travaux de la terre et ceux du potier devant son tour. Peau des paumes lavées d’argile, chairs et terres qui un jour se confondent en leur creux. Peau, si tu enveloppes le désir, le désir alors te développe. La caresse te retourne, la caresse t’enforme. Ecrire la peau avec ses mains dans la chair des mots.
**
Eloge de la lenteur
Avec lenteur, laisser pénétrer les parfums, les odeurs ; qui annoncent aux papilles que les douceurs s’exhalent. Avec lenteur, laisser pénétrer les rondeurs, les couleurs ; qui annoncent aux pupilles que le plus tendre s’invite. Peu à peu, le corps est envahi et s’abandonne, l’esprit s’y conforme. Goûter. Toucher. Prendre le temps de la parole, en écrire les mots. Savourer. Caresser. C’est la lenteur qui donne le la. Une mélodie gourmande s’accomplit. Le précieux juste avant, le délicieux pendant, la nostalgie de l’après. Les instants se succèdent ; la mémoire les dépose sur le bout de la langue, au bout des doigts, là où le poème s’invente, du plus violent au plus tendre. Aucun sens ne cesse. Nulle parole ne s’évite. Musique !
**
Eloge de la voix
Sur la page, le mot appelle la parole pour prendre vie. La parole répond, donne chair au mot, lui offre sa sensualité ; par la gorge, la salive, la langue, les lèvres. La voix habille le mot et la parole, de fulgurance et de lenteur, de murmure et de cri, de silence et de bruit, de douceur et d’énergie. La parole sépare et relie, accueille et interdit, efface et dessine et, comme la main, donne la mort et met au monde. Le mot et la parole sont nus, mais unis, nuit et lumière jaillissent de la page et des poumons pour donner au son le sens de l’air. La voix leur permet d’enfiler l’habit de tous les jours ou le son du dimanche. Quel timbre vais-je mettre aujourd’hui pour sortir ? se demande le poème. Pour être reconnu. Pour être l’unique. Pour être celui du chant.
**
Eloge de Pétrichor et Géosmine
Parfois nul besoin du poème pour que les mots invitent à la rêverie. Ces deux-là, lorsqu’ils s’associent font profiter du parfum merveilleux qui s’exhale après la pluie. Peut-on parler de sons mâles et de sons femelles qui révèlent chacun des vocables : pétrichor et géosmine ? Pé-tri-chor & gé-os-mine, désir de les prononcer, de savourer leurs syllabes, de les unir l’un à l’autre comme le fait la pluie pour vos noces, union des odeurs ; au plaisir du poumon ! Oui, vivement que l’averse vienne les bénir après des jours de sècheresse, et qu’on respire au jardin. Alors cela s’immisce dans les narines, envahit l’être. L’odeur de toutes les odeurs, que l’on appelle – gauchement – « l’odeur de la pluie » alors que ses traits ne sont que l’outil efficace et magique qui répand le bonheur dans la poitrine. L’odeur des odeurs ; depuis la transpiration du jardinier qui apprivoise sa terre, jusqu’à celle du légume et du fruit, fendus dans l’assiette. Mots mystérieux – oublier qu’ils paraissent un peu savants – O cette jouissance d’articuler vos deux noms, les pétrir, au fond de la gorge, sous le palais, au bout de la langue, entre les dents, au bord des lèvres : gé-os-mine & pé-tri-chor, vos noms de femme et d’homme, unis pour le meilleur par l’ondée des syllabes à laquelle on ne s’attendait pas, comme pour toute rencontre amoureuse.
La bouche s’ouvre sur une grimace qui mange tout le visage, non pour le rire mais pour la détente. Réseau de muscles, hôtes de l’air qui pénètre la gorge, s’étend aux bras qui déploient leur croix. Le bonheur s’étire de jouir du bâillement de l’autre, soumis à toute moquerie et tout reproche. « Tu pourrais mettre ta main devant ta bouche ! ». Quel bonheur de se l’offrir à soi-même, en pâture à la désinvolture. Par chance, comme le rire, le bâillement pur ne connaît pas la pudeur, mais seulement ce désir avide de combler les poumons, au milieu du monde, quand les étoiles tombent dans les yeux de la faim, de la fatigue ou de l’ennui. Oh, ce cadeau d’oxygène qui nourrit l’abandon !
**
Eloge de la peau
Ce n’est qu’au toucher d’une autre qu’elle peut être nommée et reconnue. Ce n’est qu’en présence de la main qu’elle obtient sa fonction sublime, vivante et éternelle, sa belle transparence, aussi sombre soit-elle, sa profondeur certaine, sa richesse éphémère. Si elle enveloppe le corps alors le corps la développe ? La caresse est sa fête, la main son fou. Elle rit de tous ses pores lorsqu’un frôlement la soulève. La peau donne aux mains leur plus belle raison d’être à laquelle ajouter les gestes émouvants des travaux de la terre et ceux du potier devant son tour. Peau des paumes lavées d’argile, chairs et terres qui un jour se confondent en leur creux. Peau, si tu enveloppes le désir, le désir alors te développe. La caresse te retourne, la caresse t’enforme. Ecrire la peau avec ses mains dans la chair des mots.
**
Eloge de la lenteur
Avec lenteur, laisser pénétrer les parfums, les odeurs ; qui annoncent aux papilles que les douceurs s’exhalent. Avec lenteur, laisser pénétrer les rondeurs, les couleurs ; qui annoncent aux pupilles que le plus tendre s’invite. Peu à peu, le corps est envahi et s’abandonne, l’esprit s’y conforme. Goûter. Toucher. Prendre le temps de la parole, en écrire les mots. Savourer. Caresser. C’est la lenteur qui donne le la. Une mélodie gourmande s’accomplit. Le précieux juste avant, le délicieux pendant, la nostalgie de l’après. Les instants se succèdent ; la mémoire les dépose sur le bout de la langue, au bout des doigts, là où le poème s’invente, du plus violent au plus tendre. Aucun sens ne cesse. Nulle parole ne s’évite. Musique !
**
Eloge de la voix
Sur la page, le mot appelle la parole pour prendre vie. La parole répond, donne chair au mot, lui offre sa sensualité ; par la gorge, la salive, la langue, les lèvres. La voix habille le mot et la parole, de fulgurance et de lenteur, de murmure et de cri, de silence et de bruit, de douceur et d’énergie. La parole sépare et relie, accueille et interdit, efface et dessine et, comme la main, donne la mort et met au monde. Le mot et la parole sont nus, mais unis, nuit et lumière jaillissent de la page et des poumons pour donner au son le sens de l’air. La voix leur permet d’enfiler l’habit de tous les jours ou le son du dimanche. Quel timbre vais-je mettre aujourd’hui pour sortir ? se demande le poème. Pour être reconnu. Pour être l’unique. Pour être celui du chant.
**
Eloge de Pétrichor et Géosmine
Parfois nul besoin du poème pour que les mots invitent à la rêverie. Ces deux-là, lorsqu’ils s’associent font profiter du parfum merveilleux qui s’exhale après la pluie. Peut-on parler de sons mâles et de sons femelles qui révèlent chacun des vocables : pétrichor et géosmine ? Pé-tri-chor & gé-os-mine, désir de les prononcer, de savourer leurs syllabes, de les unir l’un à l’autre comme le fait la pluie pour vos noces, union des odeurs ; au plaisir du poumon ! Oui, vivement que l’averse vienne les bénir après des jours de sècheresse, et qu’on respire au jardin. Alors cela s’immisce dans les narines, envahit l’être. L’odeur de toutes les odeurs, que l’on appelle – gauchement – « l’odeur de la pluie » alors que ses traits ne sont que l’outil efficace et magique qui répand le bonheur dans la poitrine. L’odeur des odeurs ; depuis la transpiration du jardinier qui apprivoise sa terre, jusqu’à celle du légume et du fruit, fendus dans l’assiette. Mots mystérieux – oublier qu’ils paraissent un peu savants – O cette jouissance d’articuler vos deux noms, les pétrir, au fond de la gorge, sous le palais, au bout de la langue, entre les dents, au bord des lèvres : gé-os-mine & pé-tri-chor, vos noms de femme et d’homme, unis pour le meilleur par l’ondée des syllabes à laquelle on ne s’attendait pas, comme pour toute rencontre amoureuse.